Histoire du Rap Algérien

 Le rap Algérien a marqué l’histoire du hip hop engagé et conscient. Pourtant, son importance est méconnue hors des frontières de l’Algérie.


Né en pleine décennie noire, dénonçant aussi bien le terrorisme que la corruption de l’Etat, le rap Algérien a payé un tribut sanglant pour défendre les opprimés et la liberté d’expression. Les textes dressaient un tableau sans concession de la société algérienne ; les samples se basaient sur les diverses musiques traditionnelles du monde arabe, en résistance à l’uniformisation culturelle venue des Usa.

Aujourd’hui, le Maghreb est secoué de convulsions, issues des désillusions du Printemps arabe ou de l’élan formidable du Hirak Algérien. Face aux clivages sociaux de plus en plus violents, La jeunesse se réfugie dans un rap tout à la fois virulent, désenchanté et en quête d’une rigueur morale. Mais ce mouvement n’est pas surgi de nulle part. Il est directement issu de ce rap Algérien fondateur. 

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Algérie, Octobre 1988 : La jeunesse est dans la rue. Des émeutes populaires contre la faim et la misère sociale éclatent à Alger, puis un peu partout dans le pays. Des voitures sont incendiées, des magasins pillés... Les émeutiers sont déterminés mais peu structurés, et leurs actions spontanées servent surtout à exprimer leur colère, critiquer le pouvoir sans pour autant avoir de revendications précises.

Les extrémistes religieux, les opposants au régime.... Beaucoup vont essayer de récupérer cette constestation populaire. Le 5 octobre, l'armée tire sur la foule et tue de nombreuses personnes. Les jeunes des quartiers, les plus virulents sur les barricades, sont arrêtés et torturés. Le 6 octobre l'état d'urgence est déclaré.

Octobre 1988 marque la fin d'une époque. Un excellent article d'Akram B. Ellyas , paru dans Le Monde Diplomatique en Mars 1999 et intitulé "Les Leçons oubliées d'Octobre 1988" explique ce moment important de l'Histoire Algérienne.

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Les rappeurs, soldats de la liberté.

La jeunesse algérienne se retrouve au premier plan des événements, et c'est tout naturellement que le rap devient un outil de révolte et de critique sociale.

Et lorsque les intégristes vont s'attaquer à la Liberté d'expression, exécutant les intellectuels et les artistes, seuls les rappeurs auront l'audace de se produire sur scène. " Les terroristes avaient réussi : plus aucun musicien n'osait se montrer en public, raconte Sofiane Hamma. Alors, nous les jeunes, on s'est engouffré dans la brèche.. Je te raconte pas comme on en a profité !!! Avant ça, nos morceaux etaient boycottés à la radio. Mais là, il n' y avait plus que des concerts de rap. Y'avait que nous. Du coup, toute l'Agérie s'est mise a écouter du rap. Attention, tous nos morceaux ne passaient pas à la radio et encore moins à la télé : certains textes, certains mots étaient interdits. Alors on a esquivé : à la télé on chantait un truc. Mais c'est une autre version qui circulait  sur les cassettes"